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2 - Les solutions douces de protection des côtes



           La prise en compte des aléas  vue notamment de préserver des  tion, l’intervention limitée (emploi
           côtiers  (érosion,  submersion,   enjeux, peut se décliner en quatre  de solutions douces) et le maintien
           mouvements de terrain) dans  types de solutions (voir p. 51) : le  du  trait  de  côte  (emploi  de  solu-
           l’aménagement du littoral, en  recul stratégique, la non interven-   tions dures et/ou douces).


       Parmi ces solutions, deux méthodes de protec-  jeux immédiats et de fixer le trait de côte. Si les   naturelle du littoral et la mobilité du trait de côte
       tion des  côtes face à l’érosion se distinguent.   ouvrages  ou  technologies  employés  répondent   (rechargements de la plage en sédiment, travail
       L’une a pour conséquence de fixer le trait de côte,   généralement à ces objectifs de protection, ils   sur la végétalisation, etc.). Elles ont une durée de
       il s’agit de la méthode dite « dure » ou « rigide ».   présentent cependant et malheureusement de   vie limitée, sont réversibles et dépendent de leurs
       L’autre a une approche plus environnementale, il   nombreux aspects négatifs à moyen terme. En   caractéristiques propres et des évolutions de
       s’agit de la méthode dite « douce » ou « souple ».   effet, ces interventions modifient les dynamiques   l’environnement à l’échelle globale (changement
       Cependant, selon les cas étudiés, il est difficile de   de fonctionnement du milieu aggravant souvent   climatique) ou locale (aménagement, fréquenta-
       fixer la limite entre les solutions « dures » et les   l’érosion côtière à proximité de la zone protégée,   tion). L’efficacité du choix de ces méthodes doit
       solutions « douces », et parfois les deux méthodes   et elles sont généralement très coûteuses mais   être par ailleurs évaluée face au niveau des pro-
       peuvent s’avérer complémentaires.    ont une grande espérance de vie.     cessus de dynamique côtière (énergie des houles,
       Les méthodes « dures » (épis, digues, perrés,   Les méthodes « douces » sont conçues pour « tra-  etc.) et par conséquence à la résistance et «durée
       etc) ont pour rôle principal de protéger des en-  vailler avec la nature » en intégrant la dynamique   de vie » de l’équipement.


               Discussion sur la limite méthodes « dures » et méthodes « douces »

       Avant tout, il est  important de  rappeler que   dépend de l’emprise de la zone à traiter mais
       toute mise en œuvre d’ouvrages, qu’ils soient   également de celle que représente toute la fa-
       durs  ou doux,  présente  des impacts négatifs   laise par rapport à toute la côte rocheuse d’une
       lors des travaux sur le milieu environnant   région donnée (valable aussi pour les plages).   Les coûts de ces techniques sont très
       (transport  sédimentaire  et  budget,  nuisance   Sur les falaises, il est généralement conseillé   variables (de quelques milliers d’euros
       sonore, trafic routier abondant, utilisation ré-  de combiner plusieurs parades géotechniques   à plusieurs centaines de milliers) en
       créative interrompue, perturbation de la bio-  entre elles et de les associer à une méthode   fonction  des variantes  techniques et
       diversité littorale etc.).           plus « souple » telle que la végétalisation. L’ap-  locales, d’où le recours à une analyse
       Il est primordial de connaître le besoin réel   plication de cette méthode n’a pas comme ob-  coût-bénéfice indispensable avant
       (connaissance de l’aléa et des enjeux) de protec-  jectif de lutter contre l’érosion mais d’accom-  toute intervention (voir p. 49).
       tion et l’impact sur l’environnement des diffé-  pagner les processus naturels et d’augmenter
       rentes techniques. La réponse face au risque peut   la sécurité.
       aussi être modulée dans le temps, ou être combi-  On peut également prendre en considération
       née entre solution douce et solution dure.  la nature des matériaux utilisés afin qu’ils s’in-
       Par ailleurs, la distinction entre solutions   tègrent dans le milieu environnant.
       “dures” et “douces” n’est pas toujours aisée. Si   La réversibilité d’un ouvrage permet également
       l’on prend pour exemple les falaises, intervenir   de différencier les solutions « douces » des solu-
       uniquement sur une zone instable par l’inter-  tions « dures ». En effet, une technique «douce»
       médiaire d’une technique « dure » ou d’une   (appliquée à une petite surface) reste une tech-
       parade géotechnique peut être perçu comme   nique facilement réversible (peu de consé-
       une méthode « douce » en raison de la faible   quences) contrairement aux ouvrages lourds, qui
       emprise spatiale que représenterait cette zone   perturbent souvent fortement le milieu environ-
       par rapport à toute la côte. Evidemment, ce   nant et présentent un coût très élevé en cas de   Vieux Boucau, Aquitaine (France)
       n’est pas valable pour tous les secteurs. Cela   suppression (digues par exemple).
                                                                              Panorama des solutions douces de protection des côtes // 21
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