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> Phénomènes des aléas érosion et submersion marine
Les marais maritimes étant des zones côtières activités portuaires et industrielles.
humides basses, ils sont naturellement et En effet, pour les besoins de l’agriculture (amé-
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régulièrement soumis à des submersions ma- nagement de polders ) et pour limiter les inon-
rines d’intensité et de fréquence (ou périodes dations des terrains, de nombreuses digues de
de retour) variables. Cet aléa est à prendre protection ont été réalisées, isolant les marais
en considération dans les nombreuses zones de la mer (cf. photo 6). Des bassins de drainage
endiguées qui abritent des activités agricoles ont été ajoutés afin de contenir les eaux conti-
anciennes ou actuelles et parfois des zones nentales, lors des périodes de crue. Mais cette
urbanisées. structuration est remise en cause aujourd’hui
Ce type de littoral sensible subit une pression du point de vue de la protection écologique, la
anthropique liée au développement résiden- limitation de la circulation des eaux entraînant
tiel, à l’agriculture, la chasse et la pêche, et aux la perturbation des flux biologiques.
La conservation de ces espaces passe par une remise en eau de terres endiguées,
une meilleure gestion de la mosaïque technique appelée dépoldérisation.
d’habitats naturels, en particulier par
Marais endigué, domaine de Certes (France)
> Les marais maritimes en tant qu’infrastructures naturelles
Ces milieux présentent un rôle physique de les rivages. Les digues sont un rempart impor- nues. Les marais maritimes jouent aussi un rôle
protection de la côte. La présence des wadden tant contre la submersion marine, à condition important de filtration des eaux polluées transi-
et des schorres limite l’action des vagues sur qu’elles soient bien calibrées et bien entrete- tant du milieu continental au milieu marin.
> Enjeu écologique des écosystèmes des marais maritimes
Ces terres humides, plus ou moins végéta- le colmatage, la progression des prés salés ou Les diatomées, algues unicellulaires, colo-
lisées, plus ou moins ennoyées suivant leur l’érosion des rivages. nisent la surface des slikkes. Les plantes à fleur
position dans l’estuaire, sont des habitats La flore de ces espaces intertidaux dépend du colonisant les parties les plus basses sont les
essentiels pour le déroulement des cycles bio- niveau des marées, des sols et de l’action de zostères (cf. photo page suivante). Elles cou-
logiques de très nombreux poissons, crustacés l’homme. La rudesse des conditions écolo- vrent de vastes étendues en herbiers marins.
et oiseaux. giques entraîne une biodiversité limitée mais Sur les hautes slikkes, on rencontre essentiel-
Ces marais maritimes abritent aussi des activi- la faiblesse de la compétition entre espèces fa- lement les salicornes (cf. photo page suivante)
tés humaines : conchyliculture, pêche, chasse, vorise une richesse en individus considérable. et les spartines.
activités portuaires, agriculture,… qui ont par- Et ces milieux ont une production primaire
fois accéléré l’évolution naturelle et favorisé parmi les plus élevées de la planète.
18 Polder : (mot néerlandais) terre cultivée, conquise sur la mer par endiguement et assèchement.
Panorama des solutions douces de protection des côtes // 17

