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> Les dunes
Il est question ici de gestion plutôt que de pro- grises et de toute introduction d’espèces exo- pourra se faire sans dommages si la largeur
tection. Aujourd’hui, les dunes ne sont plus gènes, et enfin un usage très limité des remo- des dunes sans enjeux urbains est suffisante ;
considérées uniquement comme une source delages mécaniques. une largeur minimale de 300 et 500 mètres est
de risques d’ensablement, mais comme un L’objectif de protection de l’arrière-pays re- nécessaire.
paysage de haute valeur patrimoniale et un quiert cependant une modération de l’érosion L’expérience montre que les entretiens régu-
ouvrage de protection souple des littoraux éolienne pour éviter une remise en mouve- liers sont nettement moins coûteux que de
sableux. L’objectif de gestion est multifonc- ment généralisée du système risquant de me- lourdes restaurations périodiques.
tionnel, il s’agit à la fois de protéger l’arrière- nacer les biens et les personnes (ensablement). Les choix d’action s’appuient sur un écosys-
pays, de conserver un écosystème rare et origi- Les dunes sont principalement concernées tème de référence. Pour les dunes du littoral
nal, d’économiser une ressource sédimentaire par le transport éolien qui peut être contrôlé atlantique, il correspond à la succession la plus
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limitée, et de participer à la prévention des par des méthodes douces de protection. Rem- complète possible des faciès écodynamiques .
risques d’érosion et de submersion. plir efficacement un rôle d’amortisseur de C' est cette mosaïque paysagère qui donne aux
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Les travaux de contrôle de la mobilité des l’érosion marine nécessite le maintien de la dunes une meilleure résilience face aux per-
dunes littorales s’appuient sur une connais- solidarité transverse entre dune et plage. En turbations (naturelles ou anthropiques) et qui
sance fine des situations locales et s’inscrivent effet, la dynamique dunaire est dépendante de génère des paysages attractifs et variés.
dans la logique des processus naturels. Il s’agit la dynamique marine qu'elle peut influencer Le contrôle souple s’appuie sur la réduction de
d’un contrôle souple. à son tour. Une partie de l’alimentation sédi- la vitesse du vent et la création de conditions
La volonté de conserver des écosystèmes ty- mentaire des plages est assurée par des prélè- favorables au développement du tapis végétal
piques, fonctionnels et diversifiés implique le vements en pied de dune. des espèces locales. Les principales techniques
maintien des processus naturels qui contri- Le choix de souplesse implique la possibilité de base de ce contrôle sont les couvertures de
buent à la genèse et au fonctionnement des de translation vers l'intérieur des terres en cas branchage, les brise-vents et les plantations.
dunes, l’exclusion des reboisements de dunes d'érosion marine chronique. Ce recul éventuel
Cependant, cette précédente méthode a montré ses limites : remise Actuellement, ces remodelages sont réservés à des situations par-
en cause brutale du tapis végétal, réduction drastique de la géodiver- ticulières dans lesquelles le choix de souplesse n’est plus possible,
sité , manque d’adaptation aux différents contextes dynamiques… notamment en front de zones urbanisées.
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Les Cantines, Aquitaine (France)
27 Ecodynamique : paramètres permettant la caractérisation d’un écosystème et de sa dynamique ou évolution dans le temps.
28 Résilience côtière : capacité naturelle du milieu à se reconstituer et adaptation du milieu face aux changements provoqués par exemple par la hausse du niveau marin.
29 Géodiversité : diversité géologique (roches, minéraux, fossiles), géomorphologique (formes du relief) et pédologique (sols), générées par les processus dynamiques.
28 // Panorama des solutions douces de protection des côtes

