Page 51 - 2-Outil2-56P-FR
P. 51
> Les axes de gestion du trait de côte
Quatre axes de gestion du trait de côte sont envisageables :
Pas d’intervention : et laisser faire la nature, il faut maîtriser le fon- Avantages:
Si les enjeux ne justifient pas une intervention cier, par exemple : classement en zone « non aucune dépense, préservation des fonctionna-
ou s’il n’y a pas d’enjeux présents, il est conve- constructible », ou en « espace vert à forte lités naturelles si existantes.
nu de suivre l’évolution naturelle tout en limi- valeur touristique » (dans ce cas, des aména-
tant les impacts anthropiques. Cela peut être gements et des panneaux seront placés afin Inconvénients :
la meilleure solution dans certains cas, étant d’informer les usagers des risques probables et risques sur les enjeux littoraux soumis à l’éro-
donné que l’érosion côtière (au sens large) ne de limiter les accès). La maîtrise du foncier doit sion, nécessite une communication impor-
constitue pas toujours un risque. Aucune ac- s’accompagner d’un suivi du recul de la falaise tante auprès de la population et des usagers
tion n’est envisagée sur le littoral. ou du trait de côte, ceci afin de surveiller l’évo- éventuellement concernés.
Afin de limiter les enjeux futurs (limiter les lution du phénomène d’érosion et d’adapter la
constructions à proximité des zones à risque) stratégie de gestion.
Recul stratégique : en première ligne, ils doivent être déplacés vers Avantages:
si les enjeux ne justifient pas une intervention l’intérieur des terres en suivant l’évolution du restauration des infrastructures naturelles et
(zones où l’analyse coûts/avantages ne justifie trait de côte), 2) évacuation pour des équipe- retour au fonctionnement naturel du littoral.
pas une intervention technique de défense), si ments ponctuels de service public et 3) éva-
les enjeux sont faibles ou encore s’il s’agit de cuation pour des biens privés (type campings Inconvénients :
la seule option permettant d’assurer la pro- et urbanisation commerces). L’évacuation peut mise en œuvre complexe, coûteuse et longue,
tection de la population. Eventuellement, des être définitive ou elle peut se faire avec une re- nécessite une communication importante au-
36
ouvrages de défense naturels ou aménagés localisation sur des territoires rétro-littoraux près de la population et des usagers éventuel-
peuvent être envisagés. ou encore, selon une réorganisation urbaine lement concernés.
Il existe trois types de recul : 1) déplacement (très difficile à mettre en œuvre).
des équipements de type plans plages (situés
Intervention limitée : public, il est essentiel de prévoir un plan de Avantages:
si les enjeux nécessitent une intervention mais gestion limitant l’impact du piétinement sur faibles interventions (réversibles), préser-
ne sont pas exposés à un risque fort alors, il faut les secteurs fragilisés (cheminements en retrait vation des fonctionnalités naturelles si elles
intervenir par l’emploi de méthodes « douces » des falaises, etc.), le nettoyage excessif des existent, anticipation grâce aux suivis, possi-
qui accompagnent les processus naturels de plages (absence d’ancrage pour les sédiments), bilité de gérer l’accueil du public, limitation et
mobilité du trait de côte. Cette solution n’est etc. Des actions de communication et de prévention des risques aux personnes et aux
pas toujours concevable et dépend fortement formation pédagogique peuvent être mises biens.
des conditions de milieu (il doit par exemple en œuvre afin d’informer sur les phénomènes
exister des phases de répit dans le recul du trait d’érosion, de limiter les impacts anthropiques, Inconvénients :
de côte). de prévenir les risques... risques sur les enjeux littoraux soumis à l’éro-
Sur des sites naturels à vocation d’accueil du sion.
36 Territoires rétro-littoraux : déplacement des biens sur des terrains situés au-delà de la zone d’aléa érosion marine.
Panorama des solutions douces de protection des côtes // 51

